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La dose minimale : action primaire du médicament et réaction de la force vitale
Hahnemann a passé sa vie entière à essayer de circonvenir le phénomène de l'aggravation homéopathique afin d’obtenir des résultats en accord avec le but de l'Organon qui vise "une restauration rapide, douce et permanente de la santé". L'aggravation provient d'un excès de l'action primaire du médicament qui subjugue alors la force vitale sans lui permettre de développer une réaction à la sollicitation initiale du médicalement. L’obsession de Hahnemann pour éviter l’aggravation n’était pas seulement liée à une question de confort du malade, mais avant tout parce que la guérison ne dépend que des effets secondaires du médicament sous le contrôle de la force vitale et ne passe aucunement par l'action primaire du remède.
L'aggravation n'est pas quelque chose que l'on doit rechercher, mais bien au contraire c'est un phénomène que l'on doit savoir contrôler et éviter alors que la plupart des praticiens (et des malades) croient encore que les aggravations sont nécessaires dans un traitement homéopathique. A l’époque où je ne savais pas prescrire autrement qu’en dose sèche je cherchais à limiter l’aggravation de mon mieux en ne donnant aux patients que quelques petits globules de la dose. Au bout de nombreuses années de pratique j'ai pu mesurer les limites de la dose sèche, et déplorer cette activité incontrôlée du remède, véritable explosion que nous ne pouvions ni prédire ni juguler. En outre la dose sèche présente l’inconvénient d’être inerte : même si on la secoue, elle délivre toujours le même signal, et de ce fait l’organisme réagit mal à la répétition tant que l’effet de la sollicitation précédente n’est pas encore épuisé. De ce fait, la dose sèche ne permet pas de renouveler le médicament aussi souvent qu’on le voudrait sous peine de provoquer encore des aggravations.
La solution, c’est le cas de le dire, a été découverte par Hahnemann : c’est la posologie liquide. On dilue la puissance pharmacodynamique de 2 globules dans 250 ml d’eau. Summum du raffinement dans la technique homéopathique, on peut adapter la puissance du traitement à la sensibilité du patient en jouant sur la dynamisation (plus on fait des secousses plus cela active la préparation) et sur la quantité de substance active (en fonction du nombre de cuillers administrées). Pratiquée par moins d’une centaine de médecins dans le monde, la mise en pratique de la dose liquide a demandé des années de recherches et d’expérimentation à mes étudiants et moi même. Nous avons été chercher dans les archives stockées à Stuttgart les notes de Hahnemann afin d’étudier sa pratique à Paris. Ces efforts nous permettent aujourd’hui de faire bénéficier aux patients de traitements qui doivent agir vite, nettement et durablement.
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