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La dose unique : perception du malade en tant qu'entité globale
Hahnemann utilisa la Loi des semblables pour soigner les affections aiguës avec des réussites retentissantes qui suscitèrent très vite les pires jalousies du monde médical de l’époque et une véritable haine de la part des apothicaires qui s’estimaient grugés. Scarlatine, pneumonie, choléra, toutes ces affections que redoutaient ses contemporains furent soignées avec succès et virent leur mortalité extrêmement réduite.
Malgré la volonté certaine d’effacer l’Histoire, on pourrait exhumer bien des statistiques de l’époque qui montrent surabondamment la supériorité du traitement homéopathique. Par exemple, les archives de l’armée française pourraient révéler comment les médecins homéopathes ont sauvé la plupart des soldats atteints de dysenterie devant le siège de Sébastopol, permettant ainsi de gagner la bataille. Des milliers de villes américaines gardent les statistiques qui montrent comment l’homéopathie réduisait presque à zéro la mortalité de la fièvre jaune, de la diphtérie, ou du choléra. Pour la pneumonie, la médecine classique de l’époque dénombrait 30 à 34 % de mortalité alors que les hôpitaux homéopathiques en déploraient de 0,3 à 0,7 % avec le même recrutement... etc.
Cependant Hahnemann déchanta bientôt face à certains échecs : chez les malades souffrant de maladies chroniques, l'homéopathie parvenait à guérir un premier accès aigu, fonctionnait moins bien lors d'une récidive, et échouait souvent par la suite. En somme, le remède similaire aux symptômes de la crise permet de soulager celle-ci, mais l'affection chronique demeure toujours : le malade n'est pas guéri même si l’on soulage les organes les uns après les autres.
Alors, pendant près de 12 ans, Hahnemann va étudier tous ses échecs, pour arriver à la conclusion suivante : la Loi des semblables n'est pas en cause puisque universelle et "marchant" bien pour les cas non chroniques; le problème vient donc de ce que le remède aigu n'est similaire qu'à une partie de la maladie à traiter, c'est à dire similaire au groupe de symptômes qui ne s'expriment que lors d'un "réchauffement" de la maladie chronique, groupe qui ne représente que "la partie émergée de l'iceberg".
Dans le traitement des affections chroniques, il faut rechercher le remède similaire aux symptômes du malade en dehors d'une crise, et ne tenir que partiellement compte de l'expression aiguë de la maladie (bien qu’il existe toujours une corrélation entre un remède aigu et le médicament chronique qui est « dessous »). C’est pour cela que l’homéopathe vous interroge sur de nombreux points qui vous semblent n’avoir rien à voir avec ce dont vous vous plaignez. C’est aussi à cause de cela que votre médecin ne vous donne qu’un seul médicament à la fois : celui qui correspond à l’expression du dérèglement général (voir plus bas « Les maladies et leur traitement »). Il n’existe jamais un organe déréglé : en fait les symptômes à un endroit donné ne représentent que l’expression locale d’un dérèglement général dont l’homéopathe doit faire la synthèse.
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