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Chaque poil se développe selon un cycle divisé en trois phases : la vie jeune et adulte (phase anagène), la vieillesse (phase catagène) puis la mort et la chute (phase télogène).
Nous avons vu comment la destruction du poil s’opère grâce à l’accumulation thermique dans la tige et le bulbe pileux. Les poils en phase anagène, dont la tige est unie au bulbe riche en mélanine, sont nos véritables cibles. Bien entendu, on ne pourra pas escompter détruire lors d’une même séance 100% des poils anagènes présents (cela dépend de la puissance du tir, et de la faculté de réparation intrinsèque du poil).
La physiologie du poil
Tous les poils d’une zone donnée n’étant pas en phase de croissance anagène en même temps (seulement 20 à 60% d’entre eux selon les zones), l'épilation définitive de l’ensemble des poils nécessitera plusieurs séances pour finir par atteindre tous les poils une fois passés en phase anagène. Selon les zones, un traitement d’entretien de loin en loin sera nécessaire.
Les poils en phase anagène sont très riches en mélanine à leur base. Lors du tir laser, l’absorption du faisceau par la mélanine (le pigment qui donne sa couleur au poil) va générer un échauffement très intense (de l’ordre de 80°) des bulbes. Puis cette chaleur va se diffuser alentour notamment aux cellules germinales qui vont se trouver lésées par cette élévation importante et subite de température. Au bout de plusieurs séances, les lésions accumulées deviennent irréversibles, on aura ainsi obtenu une épilation définitive de la zone traitée.
Les poils en phase catagène sont bien moins riches en mélanine. Le flash du laser va libérer au niveau de leurs bulbes une chaleur moyenne, qui ne pourra pas léser suffisemment les cellules germinales. Le poil va chuter après la séance mais les lésions sur le système reproducteur du poil sont insuffisantes pour le détruire.
Les poils en phase télogène quant à eux sont déjà en train de tomber et ne présentent guère de possibilité de léser les cellules germinales du bulbe.
Déduire le rythme du traitement
La responsabilité du médecin sera de chercher à obtenir le meilleur résultat possible en un nombre minimum de séances. Dès après la première séance, la repousse sera très amoindrie, mais attention à ne pas crier victoire trop tôt car le poil ne demande pas à partir si facilement ! Le but des séances qui suivent sera de briser les mécanismes de réparation des poils de sorte que les lésions deviennent enfin irréversibles.
En moyenne, quatre à cinq séances suffisent à obtenir un résultat impressionnant, mais tout l’art du praticien consistera à établir un rythme des séances le plus efficace possible.
Quatrième règle de l’épilation laser : le rythme du traitement est basé sur la compréhension du cycle de vie des poils.
Ce n'est qu'au bout d'années d'expérience que nous sommes arrivés avec mon équipe à proposer un traitement qui nous satisfasse pleinement. L'une des clés a été de comprendre que la durée des cycles pilaires tels qu'on peut les trouver dans les ouvrages de référence, sont non seulement des valeurs "théoriques" mais qu'elles correspondent à un poil "au repos".
Quand le poil est agressé, comme c'est le cas après un tir laser, on observe alros un peu l'effet d'un coup de pied dans une fourmilière: les poils "s'affolent" et se reproduisent bien plus vite.
C'est pourquoi les premières séances sont assez rapprochées, environ 3 à 4 semaines entre les deux premières, puis les intervalles vont croissant, jusqu'à attendre une éventuelle repousse.
La dépendance hormonale chez les hommes, ainsi qu’un enracinement plus profond, nécessiteront plus de travail, les séances pouvant s'étaler sur 12 à 18 mois environ.
Quel laser choisir?
Le choix de l’appareillage, nous l’avons vu, est capital en vue d’obtenir un résultat satisfaisant. Il est utile en tant que futur patient que vous connaissiez les matériels existants afin de pouvoir vous y retrouver dans les discours publicitaires. C'est la longueur d’onde des lasers qui va conditionner leur pénétration dans la peau et les cibles qu'ils vont toucher.
-Le laser Rubis à 694 nm : sa longueur d’onde est la mieux absorbé par la mélanine, au point qu’un seul tir peut porter le poil à plus de 200° (R.M. Clement, M.N. Kierman). Mais ses effets secondaires sur les peaux mates et foncées lui ont fait préférer des longueurs d’onde moins fortement absorbées par la mélanine cutanée. Le spot laser, de dimension réduite, est également un désagrément pour une exploitation professionnelle.
-Le laser Alexandrite 755 nm : sa longueur d’onde est correctement absorbée par la mélanine. Suffisamment d’ailleurs pour traiter des poils blonds sur peau claire. Ses systèmes de refroidissement cutané permettent de faire reculer les limites du traitement des peaux bronzées ou foncées.
L’appareillage est imposant (il pèse 150 kg et occupe un volume d'environ 1 m3). Les appareils de dernière génération sont équipés d’un système de tir conçu pour s’adapter aux différents types de peau.
Pour nous, l’Alexandrite reste la «Rolls» de l’épilation. Puissant, polyvalent et confortable, il offre une excellente visibilité de la zone de traitement, des diamètres de spots jusqu’à 18 mm, les perfectionnements et les accessoires les plus sophistiqués. La longueur d’onde assure une pénétration profonde du faisceau lumineux sans nécessiter une fluence élevée. L’ensemble est garant d’une efficacité, d’un confort et d’une sécurité qui nous semblent inégalés dans les autres familles de lasers. Seule nuance: le coût élevé d’un tel engin (autour de 130.000€ soit 200’000 CHF) conduit à réfléchir à deux fois avant de réaliser l’investissement!
-La diode laser 790-810 nm : sa longueur d’onde est assez peu absorbée par la mélanine mais permet une pénétration plus profonde du faisceau lumineux. Cette technologie est prometteuse, les lasers étant réalisés à moindre coût avec une tendance à la baisse liée aux progrès de la miniaturisation des semi-conducteurs. Un de leurs avantages est d’être compacts et relativement portables. La moindre absorption par la mélanine est à la fois un avantage (le bronzage et la pigmentation de la peau sont peu touchés) et un inconvénient (lorsqu’ils deviennent plus clairs et plus fins, les poils résistent au traitement).
-Le laser Nd Yag 1064 nm : sa longueur d’onde est peu absorbée par la mélanine. Mais elle assure une pénétration en profondeur du faisceau lumineux. L’effet thermique sur le poil est faible et conduit à délivrer des fluences élevées.
Il procure des résultats très intéressants pour les patients à la peau trop foncée, qui ne pourraient être autrement traités. Pour l’heure, ce type de laser ne permet pas d’espérer mieux qu’une épilation de très longue durée, mais après tout, les patients sont ravis de n'avoir à effectuer qu'une séance ou deux par an et de ne pas être importunés le reste du temps par leur pilosité.
Nous avons développé au CMH de nouveaux protocoles combinant le traitement au Yag et à l'alexandrite afin de traiter plus facilement les poils profonds (dos d'hommes ou certains maillots). Les résulats sont très intéressants et plusieurs confrères expérimentent à leur tour ce nouveau procédé.
EN SAVOIR PLUS: le laser doit être assez puissant pour que l’énergie qu’il délivre ne chute pas trop lorsque le spot devient plus large : on perd alors en puissance ce que l’on gagne en pénétration cutanée.
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